Lundi 17 mars 2008
Comment les moines copistes ont-ils accueillis l'invention de l'imprimerie ? On allait immanquablement leur piquer leur job, la tonsure n'avait pas droit aux Assedics ! Avaient-ils seulement un syndicat ? Gutemberg allait balayer Eadwin. D'aussi loin que je me remémore mes études universitaires, cette évolution pouvait rentrer dans le cadre d'un cycle schumpéterien : une innovation en chasse une autre. Mais peut-on appliquer cet hérétisme à l'avenir du livre tel que nous le connaissons aujourd'hui ? Le e-book va-t-il remplacer nos vieux bouquins ? Les bibliothèques vont-elles disparaître dans les tuyaux numériques de la Toile Internet ? Si l'on ne peut pas avoir d'opinion tranchée, ce sujet de société appelle chez moi une réflexion empreinte de nostalgie (voire de romantisme), de philosophie et peut-être même d'une pointe de lucidité.

S'il n'existe plus de moines copistes, je suis convaincu que e-papier et livre-papier coexisteront. Ce qui est important, à la fois pour le lecteur et le professionnel de la chaine du livre, est de savoir où il met les pieds.

Le premier point essentiel à mes yeux, et qui mettra sans doute tout le monde d'accord : quel que soit son support, le livre repose sur une clientèle non homogène, les lecteurs. Or, si je considère la France, un des berceaux de la littérature s'il en est, force est de constater que les études ne sont pas élogieuses dans ce domaine. Sur la population des 18 à 65 ans (40 millions de personnes), l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme a recensé plus de trois millions d'individus en situation d'illettrisme. Que peut devenir le marché de la lecture si une partie non négligeable de la population est fatiguée après avoir déchiffré dix lignes ? Ce que j'appelle la "mal-lecture", c'est-à-dire le cumul des illettrés et des piètres lecteurs (par absence de goût, par manque de formation,...) avance inexorablement dans les pays occidentaux, alors que les pays en développement accèdent à la culture : mais le numérique sauvera-t-il les uns, sera-t-il accessible aux autres ? Je suis perplexe ! Je voulais éclairer ce point basique : avant de foncer tête baissée, étudions notre marché avec précision. Pour moi, le numérique est destiné, pour ce qui est de son développement de grande envergure, aux niches de l'écrit.

En deuxième lieu, prenons la frange de la population qui cumule le goût de la lecture et les moyens financiers d'assouvir ce luxe, que ce soit pour acheter des livres papier ou numériques. Rien aujourd'hui ne permet de dire qu'elle abandonnera complètement le livre papier au bénéfice du tout numérique. Il existe trois notions fondamentales qu'il ne faut pas ignorer.
  • La relation physique au livre : le toucher, le sentir, l'admirer.
  • La relation psychologique au livre : le posséder, savoir que l'on a aimé ou pas le lire, en garder le souvenir. A l'instar de la relation amoureuse homme-femme, relations physique et intellectuelle sont intimement liées dans le rapport homme-livre.
  • La relation media : le livre papier est à la fois un vecteur de communication (en parler, le prêter, le donner) et un élément de la relation sociale : je possède une bibliothèque complète ou variée, riche ou essentielle, venez découvrir mon univers. De la même façon, lorsque vous êtes invité, un moyen de connaître votre hôte est d'explorer (plus ou moins discrètement) son coin lecture.
Le numérique nous apporte-t-il toutes ces joies ?

Bien entendu, le numérique offre des avantages non négligeables. En premier lieu le stockage quasi infini. Sur ce point, je me demande d'ailleurs si on n'évoluera pas sur le mode des collections interminables de morceaux de musique, que nous agrégeons mais que nous n'écoutons que peu. Ne risquons-nous pas de collectionner plutôt que de se cultiver ? Vous me répondrez qu'il existe aussi des acheteurs compulsifs de livres ! Seulment là il y a à un moment donné un dilemme posé par la place : lire ou donner ! Si vous donnez un livre que vous n'avez pas lu, il finira par servir à quelqu'un...

Ensuite, le numérique possède un avantage non négligeable : celui du partage immédiat. Nous pouvons échanger nos livres et nos écrits numériques, connaître immédiatement les réactions et les opinions d'autres lecteurs, que ce soit au travers de communautés ou pas. Nous pouvons aussi imaginer des livres collaboratifs et évolutifs, sur le modèle des wikis. Mais ce principe peut-il par exemple s'adapter à grande échelle au roman ? Permettez-moi d'adopter un air dubitatif. Par contre le monde scientifique va s'en réjouir. Et s'ensuivra alors toute une problématique juridique : quid de la propriété intellectuelle ? On peut même imaginer que la Défense Nationale y mettra son nez !

Vous l'avez compris, livre et numérique vont cohabiter et leurs frontières seront délimitées par des considérations à la fois psychologiques et juridiques. Doit-on annoncer la fin de la chaine du livre telle que nous la connaissons aujourd'hui ? Des auteurs et éditeurs ont déjà sauté le pas, que ce soit pour faire connaître leur livre papier ou pour l'éditer exclusivement en numérique : voyez l'exemple de publie.net. Les distributeurs auront plus de mal car il va falloir faire un choix judicieux entre ce qui peut avoir du succès en diffusion numérique et ce qui ne l'aura pas. Un métier va naître, celui de responsable de collection numérique. Dans le concert des majors, le petit libraire aura sans doute son mot à dire, si il se spécialise sur des créneaux pointus. On peut imaginer un libraire et un petit éditeur s'unir pour éditer des œuvres du terroir. Dans cette cacaphonie, il faudra impérativement que les Etats jouent les gendarmes. D'abord parce que là comme ailleurs se posera le problème de la censure : pédophiles et autres terroristes tenteront d'exercer leurs talents. Ensuite parce qu'il faudra surveiller la copie pirate à la fois des idées et des œuvres. Si nous ne le faisons pas, il n'y aura plus de production et tout le monde sera perdant. Il faudra aussi veiller à ce que personne ne prenne un monopole (voir le cas de Amazon). Enfin parce que cette cohabitation ne manquera pas de laisser des retardataires sur le carreau : il faudra accompagner cette révolution.

Voilà ! J'ai donc donné mon opinion. Vous pouvez maintenant m'offrir un e-book ! (Je ne vais tout de même pas le payer non plus !)

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Les chiffres de l'illettrisme

Pour la première fois en France une enquête sur les chiffres de l'illettrisme a été menée. Découvrez ici la synthèse des résultats.

Illettrisme : les chiffres (couverture du document imprimé)

Ce sujet est aussi traité chez Aldus, La Feuille, François Bon, de façon éclectique chez Bibliobsession, de manière décontractée chez Desperate Librarian Housewife et bien entendu Marchand de Sel !
par Haddock publié dans : Problèmes de société
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Vendredi 22 février 2008
Une petite note pour vous faire part de la création de la première communauté francophone d'auteurs et d'écrivains sur le Web : Book and Write. Lancement officiel ce soir à 20h00 par la société Best Seller Consulting.
par Haddock publié dans : Lectures et littérature
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Mercredi 24 octobre 2007
Vas !

Vas mon garçon ! C'est ce que m'a dit mon père la première fois que j'ai voulu sortir tout seul du nid familial. Certes ce premier voyage attérissait au bout de la rue, chez le boulanger, mais je me souviens encore de mon estomac se nouant devant l'inconnu. Que va-t-il se passer ? Vais-je rencontrer les dévoreurs d'enfants tant redouté par maman ? Vais-je enfin pouvoir imiter mes héros, mes aventuriers de papier glacé ?

C'était déjà l'aventure, j'avais sept ans.

Aujourd'hui je dis un autre mot : merci ! Merci papa, si tu m'entends de tout là-haut.
par Haddock publié dans : Ecrits en vrac
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Mardi 23 octobre 2007
...mais pas pour les mêmes raisons que ces dames !

Deux cent mille morts et deux millions et demi de déracinés : voici ce qui se passe au Darfour. Jeudi soir 5 avril 2007, France 2 diffuse le reportage tourné là-bas en 2006 par l'acteur et son père. Son engagement : "Je suis ici comme porte-voix des gens qui ne peuvent se faire entendre eux-même. [...] Qu'on ne s'y trompe pas, c'est le premier génocide du XXIème siècle, et si on permet qu'il se poursuive, ce ne sera pas le dernier."
Figurez-vous que George Clooney a choisi France 2 parce qu'aucun média américain n'a voulu de son reportage : les States, pays des libertés.

Le Darfour à l'ouest du Soudan, ça fait quatre ans que des civils se font massacrer et l'Onu en est encore à demander à Khartoum l'autorisation d'intervenir !
Le Darfour vit un nettoyage ethnique en règle et aucun politique ne bouge réellement ses fesses. Dans quel monde vivons-nous pour que ce soit un artiste, aussi beau et intelligent soit-il, qui nous ouvre les yeux ?
par Haddock publié dans : Problèmes de société
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Lundi 22 octobre 2007

Et si vous aviez le pouvoir de changer notre société ?

Voilà, c'est fait, j'ai changé la SOCIETE en OSCIETE : c'est mieux quand il y a du caviar, non ?
par Haddock publié dans : Pour rire...
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Dimanche 21 octobre 2007
Je ne sais pas ce que je ferais pour changer la société. Ce dont je suis convaincu, c'est que chacun d'entre-nous apporte sa pierre à l'édifice et que, pour cette raison, je me méfie des politiciens de métier. Je dis toujours que je vote pour celui qui me semble le moins mauvais. C'est subjectif, mais ai-je les moyens de faire un choix éclairé ?

Par contre, en matière de politique, j'ai mes héros, mes aventuriers de la politique en quelque sorte. Je vous offre un florilège non exhaustif de personnages, qui ne font pas de la politique leur métier mais qui changent la société et même, parfois, le monde (soyons fous).

Ce n'est pas à l'école de la République française que l'on aborde le racisme en évoquant le combat de Rosa Parks, cette couturière noire de l'Alabama qui refuse de céder sa place à un blanc qui demande "son dû", c'est-à-dire sa priorité dans un bus. Nous sommes en 1955 et elle est condamnée à une amende : elle fait appel, elle se bat et son action est le point de départ du combat des Noirs américains contre la discrimination raciale. Le Civil Rights Act abrogera les lois ségrégationnistes seulement en 1964. A ses funérailles, le révérend Jesse Jackson dira de Rosa Parks : "Elle s'est assise pour que nous puissions nous lever."


Oscar Wilde : un homosexuel chez les Lords. Savez-vous que ses pièces de théatre étaient interdites ? La bonne société britannique lui reproche l'immoralité de ses  personnages : ils sont sans doute trop à l'image de leur auteur. En 1895, il est poursuivi en justice par le père de son boyfriend pour avoir perverti le fils : deux ans de travaux forcés. Remarquez messieurs, c'est un peu ce que nous vivons quand nos femmes nous demandent de faire la vaisselle. L'Angleterre dépénalise l'homosexualité en 1967, la France en... 1982 : quel courage !
En Europe, le mariage homosexuel est autorisé aux Pays-bas, en Belgique, en Espagne et... au Royaume-Uni. En France, on veut bien laisser crever de la canicule le voisin grabataire pourvu que les "homos" n'aient pas le droit de se marier, c'est l'essentiel.

En 1877, Hubertine Auclert, première suffragette, revendique le droit de vote des femmes en multipliant les provocations : puisqu'elle ne vote pas, elle refuse d'être recensée et de payer des impôts, elle renverse une urne dans un bureau de vote. Elle crée en 1881 le journal La Citoyenne pour défendre le sexe faible (ou le beau sexe, je préfère). Là bien sûr elle se heurte à un mur : comment la femme, inférieure physiquement et psychologiquement, pourraît-elle avoir suffisemment de maturité pour voter ? On trouvera même des femmes pour rejoindre les ligues antisuffragistes. Pendant longtemps, certaines épouses demenderont conseil à leurs maris les jours d'élection. Parodie de l'histoire : nos hommes politiques soignent leur look, leur image ; il faut séduire la gent feminine...

La petite histoire de France et du monde recèle des trésors d'exemples dont nos plus brillants hommes et femmes politiques feraient bien de s'instruire. Le courage et l'esprit d'aventure ne sont pas prêtés à tout le monde.
par Haddock publié dans : Problèmes de société
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Samedi 20 octobre 2007
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par Haddock publié dans : Pour rire...
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Vendredi 19 octobre 2007
Je me pose souvent des questions empreintes de la gravité due à mon rang de "chef de famille" : nos enfants apprennent-ils à lire et à écrire correctement ? Est-ce que nous, parents, ne sommes-nous pas trop laxistes ou à l'inverse trop castrateurs dans les choix que nous souhaitons imposer ? Pourquoi y-at-il, parfois dans une même famille, des enfants lecteurs assidus et d'autres qui annoncent carrément detester la lecture ? Comment faire pour que la dimension "littérature" ne soit pas totalement défaillante dans la formation culturelle de nos chères têtes blondes (ou têtes de pioche) ? Faut-il laisser faire ou imposer une ligne de conduite ? Si mon épouse et moi-même pensons avoir "trouvé la bonne méthode", celle-ci peut elle être conseillée à d'autres parents tant les enfants sont différents les uns des autres ?

Sans en discuter entre-nous, nous avons choisi implicitement de laisser faire nos enfants : du choix des livres, du rythme de lecture, nous n'avons rien imposé. Nous ne nous sommes à peine fait le relais de l'école... Aujourd'hui, non seulement ils lisent mais en plus ils écrivent !

La première étape à mon sens est la découverte de l'univers des livres en tant qu'objets. Ruraux de "Marly Gaumont", j'ai demandé à nos enfants de choisir des bouquins sur Internet : aucune adhésion ; l'idée-même d'acheter un livre avec une souris les a fait fuir. "Il est tombé sur la tête le papounet ! Nous on veut aller dans une librairie comme les grands !" La plupart des libraires allouent un coin pour les enfants et je peux vous dire que ce havre de découverte, de premiers vagabondages intellectuels, les a bien plus enchanté que l'aire de jeu du clown Rownie

The second step : laissons-les choisir. Parents, allez voir ailleurs : au rayon BD par exemple... Nos chérubins ont besoin de beaucoup plus de temps que nous car pour eux le livre est un objet à découvrir. Les images, les couleurs, la texture, l'ordonnancement sont aussi importants que le contenu. D'autant plus que le choix est pléthorique : nous sommes loins du potentat des Bibliothèques verte et rose de notre enfance.
D'aucun argueront que les livres sont chers ; eh bien, il faut faire un choix entre se pavaner en 4x4 Nissan ou avoir des enfants à la tête bien faite !


Troisième étape : laissons-les s'approprier les histoires racontées : pourquoi voulez-vous faire des commentaires d'adultes ? Nos enfants ne sont-ils pas assez intelligents pour se forger leur propre opinion ? Par contre, soyons présents pour répondre à leurs questions. Peut-être d'ailleurs leur besoin de connaissances fera-t-il l'objet d'un autre livre....

Quatrième étape : donnons l'exemple ! Ne pas toujours lire caché dans la chambre conjugale. Faire partager ses essais d'écrivain. Sur ce plan, je suis d'accord pour faire du naturisme culturel avec les enfants !

Dernière étape, toute provisoire, laissons nos enfants organiser leur bibliothèque à leur façon. Empiler, trier, relire, prêter, emprunter, donner, échanger ses livres, c'est cultiver son choix, montrer ses différences, c'est faire ses premiers vagabondages.
 
par Haddock publié dans : Problèmes de société
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Jeudi 18 octobre 2007
Alors c'est vrai, tout le monde aime Jules Verne pour sa prose, son esprit visionnaire et pour son "politiquement correct." Je suis un peu en retard sur le Centenaire Jules Verne mais le personnage reste intemporel : plusieurs de ses œuvres ont inspiré des millions de lecteurs avides de découvertes et de sciences. Verne est, en quelque sorte, le cours théorique de l'école des aventuriers.

Paris au XXème siècle écrit en 1860, paru seulement en 1994 parce qu'il n'avait pas plu à l'éditeur, nous décrit une capitale envahie par l'électricité et les voitures propulsées au gaz, prospère grace aux efforts conjoints de la Finance et de l'Industrie. Le héros Michel Dufrénoy, amoureux de littérature, survit dans une société où les sciences ont pris le dessus sur les humanités classiques. Le mépris, la solitude et la faim auront raison de ses prétentions.
En 1869, Vingt mille lieues sous les mers met en évidence le paradoxe de l'homme qui veut être libre et indépendant mais qui peut aussi incarner "les effets dramatiques de la science au service du pouvoir" (Eric Weissenberg). Le Capitaine Nemo joue d'ailleurs sa rédemption en sauvant les naufragés de L'Ile mystérieuse. Echoués sans vivres ni outils, ceux-ci doivent utiliser leur intelligence et habileté pour survivre en millieu hostile. De retour en Amérique, ils voudront créer une communauté idéale. Doit-on y voir l'influence de Fourier ? Il n'en reste pas là avec l'utopie : en 1879 dans Les Cinq cent millions de la Begum, la cité France-Ville est un hymne au développement cartésien, au bonheur raisonnable et dépourvu de fantaisie que le méchant prussien veut détruire.

De la même façon, telle une parodie du libéralisme ultra qui s'auto-détruirait de ses excès, les dissensions entre les milliardaires de L'Ile à hélice feront sombrer ce gigantesque
édifice artificiel sillonnant le Pacifique. "L'emprise de l'argent sur les esprits et la lutte pour le pouvoir ont anéanti le rêve", relève Philippe de la Cotardière dans Jules Verne, de la science à l'imaginaire.

Les critiques littéraires disent de Jules Verne qu'il n'a pu être à la fois diplomate, explorateur, marin, entrepreneur ou négociant et que, pour ces raisons, il a créé des personnages qui pouvaient réaliser son destin manqué.
Je pense que ce n'est pas tout à fait vrai car l'écriture est une véritable entreprise, de longue haleine, dans laquelle Verne se documentait , de façon méticuleuse, pour donner de la vérité à ses romans d'aventure. Et puis, au delà du récit, n'y a-t-il pas cette volonté, comme je le montre au travers des quelques œuvres ici choisies de montrer le monde tel qu'il est avec ses vanités et ses défauts. Jules Verne n'a-t-il pas fait, avant nos penseurs du XXème siècle, une critique avant-gardiste de la mondialisation ?
par Haddock publié dans : Lectures et littérature
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Mercredi 17 octobre 2007
Malgré le désaccord de plusieurs conservateurs français, le ministère français de la Culture a signé le 6 mars 2007 avec l'émirat un accord de coopération par lequel la France s'engage à apporter ses compétences scientifiques et son savoir-faire dans l'avènement du musée du Louvre d'Abu Dhabi. Jean Nouvel sera l'architecte de ce projet qui ouvrira ses portes en 2013 sur 8000 mètres carrés. La France prêtera trois cent œuvres sur dix ans à l'exception de celles liées à l'histoire de notre beau pays, ou fragiles (La Joconde, la Vénus de Milo). A terme le Louvre Abu Dhabi diffusera l'archéologie, les beaux arts, les arts décoratifs, de l'antiquité à nos jours, en provenance de plusieurs régions du monde et à destination de cent cinquante millions d'habitants des pays du Golfe. En contrepartie, l'émirat versera un milliard d'euros sur trente ans dont quatre cent pour le seul droit d'utiliser le mot "Louvre". Renaud Donnedieu de Vabre argue aussi que les Emirats, considérés comme modérés et situés à la charnière entre l'Occident et l'Orient, deviendront un symbole de tolérance et de réconciliation.

Alors si tout va bien, où est le problème ?
Dans un article du monde titré "Les musées ne sont pas à vendre", quelques grands pontes culturels de notre pays avancent pêle-mêle des contre-arguments : un musée réservé à la jet-set, édifié pour combler les exigences éphémères de nantis. Le beau Jack (Lang) en rajoute dans un article du 6 juin 2006 : "Il y a une appropriation culturelle et morale d'une minorité de personnes, visant à réserver les collections à une population restreinte."

Le problème sous-jacent est celui de la confusion possible entre politique et culture, et entre économie et culture. Peut-on prendre le risque le financer notre culture nationale en "vendant" celle-ci à l'étranger ? Quels sont les dangers réels ? Pour ma part, je suis d'avis que c'est une belle aventure dans laquelle les opérateurs devront rester vigilants. Prendre des risques n'implique pas faire n'importe quoi.
par Haddock publié dans : Problèmes de société
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